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Le vrai danger de la superstition Un mot aux croyants qui n’osent plus respirer sans permission
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Le vrai danger de la superstition Un mot aux croyants qui n’osent plus respirer sans permission

Le vrai danger de la superstition Un mot aux croyants qui n’osent plus respirer sans permission....

Mauritius Tamil8 September 2026

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Le vrai danger de la superstition Un mot aux croyants qui n’osent plus respirer sans permission Cet article ne s’adresse pas aux sceptiques. Il s’adresse aux croyants. À ceux qui allument la lampe chaque matin, qui savent par cœur le Thevaram de leur mère, qui ne rateraient pour rien au monde le Cavadee ou le Thaipoosam. C’est à vous que nous voulons parler, parce que c’est vous que la superstition menace le plus. Le sceptique, elle ne l’atteint pas. Le croyant, elle le dévore de l’intérieur.

Ce que la superstition n’est pas

Commençons par lever un malentendu. Nouer le kappu au poignet, tracer le kolam devant la porte, offrir de l’eau au fleuve le jour de l’Aadi Perukku, casser une noix de coco devant Pillaiyar avant un départ — rien de tout cela n’est superstitieux en soi. Ces gestes sont des langages. Le kolam dit : cette maison est accueillante, elle nourrit même les fourmis. La noix de coco dit : je brise mon ego avant d’entreprendre. Le fil au poignet dit : je me souviens de mon engagement. Celui qui fait ces gestes en sachant ce qu’ils disent n’est pas superstitieux. Il est cultivé. La superstition commence exactement au moment où le geste cesse de dire quelque chose et se met à exiger quelque chose. Quand la noix de coco ne se brise pas proprement et que l’on annule le voyage. Quand une lampe qui s’éteint dans un courant d’air devient un présage de mort. Quand on n’ose plus rien faire sans consulter, sans payer, sans conjurer. À ce moment-là, la foi s’est inversée. Ce n’est plus l’homme qui parle à Dieu ; c’est la peur qui parle à l’homme.

Le danger n’est pas là où l’on croit

On se moque souvent de la superstition comme d’une naïveté un peu ridicule. C’est mal la comprendre. Son vrai danger n’est pas qu’elle soit fausse. C’est ce qu’elle fait aux vivants. Elle vole le temps. Une famille de Rose-Hill, de Triolet ou de Quatre-Bornes qui attend « le bon jour » pour consulter un médecin, pour signer un contrat, pour se réconcilier avec un frère, peut attendre trop longtemps. Le rahu kalam n’a jamais fait rater une opération ; le retard, si. Chaque année, des maladies sont soignées trop tard parce que l’on a d’abord fait le tour des remèdes, des vœux et des offrandes avant d’ouvrir la porte du dispensaire. Le Kural de Thiruvalluvar le disait il y a deux mille ans : le remède vient de celui qui a diagnostiqué la cause, et non de celui qui a nommé le mauvais sort.

Elle vole l’argent. La superstition a toujours un tarif. Plus la peur est grande, plus le prix monte. Ce sont rarement les riches qui s’endettent pour une cérémonie de désenvoûtement ; ce sont les familles modestes, celles qui n’ont pas les moyens de perdre dix mille roupies dans une puja de protection dont personne ne leur a expliqué le sens. Là où il y a une angoisse, il y a toujours quelqu’un pour la monnayer — et cela ne concerne pas que les prêtres. Astrologues de téléphone, vendeurs de pierres, guérisseurs de passage : le marché de la peur est florissant.

Elle vole la liberté. C’est le vol le plus grave. Le superstitieux ne décide plus rien lui-même. Il vit sous tutelle — celle des astres, des jours néfastes, des présages, des intermédiaires. Il a remis les clés de sa propre vie à des signes qu’il ne sait pas lire et à des gens qui prétendent les lire pour lui. Un homme qui ne peut pas déménager sans permission cosmique n’est pas pieux. Il est prisonnier.

Elle vole les enfants. Car tout cela se transmet. L’enfant qui grandit dans une maison où chaque événement est un signe apprend que le monde est hostile, plein de pièges et de forces jalouses. Il apprend la peur avant d’apprendre la confiance. Et quand il sera adulte, il aura le choix entre reproduire cette peur ou rejeter en bloc tout l’héritage — la langue, les fêtes, les hymnes — parce qu’il n’aura jamais su séparer le trésor de sa gangue. Combien de jeunes Tamouls de Maurice ont abandonné la tradition entière parce qu’on ne leur en avait montré que la face craintive ?

Ce que disaient les nôtres

Notre tradition n’est pas superstitieuse par nature. Elle a même produit quelques-uns des textes les plus lucides de l’humanité sur ce sujet. Thiruvalluvar, dans le Thirukkural, ne consacre pas un seul chapitre aux présages. Il en consacre des dizaines à la droiture, à l’effort, à la connaissance, à la maîtrise de soi. Pour lui, le destin se construit avec des mains et une conscience.

Les saints du Thevaram — Appar, Sambandar, Sundarar — chantaient un Dieu qui se laissait toucher par l’amour, pas par le calcul. Appar, qui avait été persécuté, a chanté qu’il ne craignait rien ni personne parce qu’il appartenait au Seigneur. Voilà l’exact contraire de la superstition : non pas la peur qui multiplie les précautions, mais la confiance qui les rend inutiles.

Et le Siddhar Sivavakkiyar, plus radical encore, se moquait de ceux qui cherchaient Dieu dans la pierre et les rites sans le chercher dans leur propre cœur. Ce ne sont pas des rationalistes modernes qui disent cela. Ce sont les pères de notre foi.

Se rasseoir

Alors, à ceux qui se reconnaissent dans ces lignes, voici quelques gestes simples pour reprendre pied — non pas en croyant moins, mais en croyant mieux. Demandez le sens avant de faire le geste. Si personne ne peut vous expliquer pourquoi vous faites une chose, vous avez le droit de ne pas la faire. Une tradition qui ne peut pas s’expliquer n’est plus une tradition ; c’est une habitude nerveuse.

Refusez la peur comme preuve. Le fait qu’un malheur vous effraie ne prouve pas qu’il est annoncé. La lampe qui s’éteint est un problème de mèche. Le corbeau sur le toit est un corbeau.

Ne payez jamais pour être rassuré. Vous pouvez payer pour un enseignement, pour un service, pour l’entretien d’un temple. Vous ne devriez jamais payer pour qu’on lève sur vous une menace que la même personne vient de vous révéler.

Allez chez le médecin d’abord. Priez ensuite. Les deux ne s’opposent pas. Mais l’ordre compte.

Décidez, puis bénissez. Choisissez la date du mariage selon la disponibilité de la famille, puis demandez la bénédiction de Dieu sur ce choix. Ce n’est pas Dieu qui a inventé les calendriers d’incompatibilité ; ce sont des hommes, et ils se sont beaucoup contredits. Rendez-vous compte de ce qui suffit. Une lampe, quelques mots en tamoul, deux personnes qui se tiennent la main — cela a toujours suffi. Tout ce qui est venu s’ajouter par-dessus n’a pas rendu la prière plus efficace. Cela l’a seulement rendue plus chère et plus anxieuse.

Le croyant debout

Il existe deux façons de se tenir devant le divin. À genoux, par amour — c’est la dévotion, et elle est belle. Ou recroquevillé, par crainte — c’est la superstition, et elle est triste. La tradition tamoule vous a appris la première. Elle vous a donné des hymnes qui se chantent en marchant, un Dieu qui danse, des fêtes qui se célèbrent au bord de l’eau avec du riz au tamarin. Elle ne vous a jamais demandé de trembler.

Si vous tremblez aujourd’hui, ce n’est pas votre foi qui vous fait trembler. C’est ce qu’on a greffé dessus. Et cela, vous avez le droit — vous avez même le devoir — de le laisser tomber.

Rasseyez-vous. Respirez. Allumez la lampe. Et parlez à Dieu comme les vôtres l’ont toujours fait : sans intermédiaire, sans facture, sans peur. அச்சமில்லை அச்சமில்லை — Achamillai, achamillai. Il n’y a pas de peur, il n’y a pas de peur.

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Published 8 September 2026 · www.mauritiustamil.com

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